Ibrahim

Je suis arrivé de Côte d’Ivoire à l’âge de dix ans. Je suis passé par deux centres avant d’arriver ici. Il y avait des cafards dans la chambre, les toilettes communes étaient toujours sales et on était obligés d’acheter tous nos produits.

Au CHU, c’est mieux : on peut faire la cuisine et on nous donne des tickets resto pour faire les courses. Je partage ma chambre avec mon frère mais souvent, je vais dormir dans la chambre d’à côté avec ma mère et mes autres frères et sœurs, parce qu’elle me manque.

 

Vie secrète

Je n’ai qu’un seul copain au centre mais il est plus âgé et je le vois très rarement. Le problème, c’est qu’on n’a rien à faire ici. Les activités sont devenues très rares. Avant, on faisait du laser game dans une salle à Ivry, ou des ateliers de sculpture. Ce serait bien qu’on puisse au moins avoir un jeu de cartes, mais les jeux s’abîment vite !

J’ai préféré rester dans la même école, un collège du 12e arrondissement de Paris ; même si je dois prendre le métro et le tram, je ne veux pas quitter mes copains. Eux, ils ne savent pas où je vis… Ca me gêne un peu. Ils m’invitent pour leur anniversaire mais moi, je ne peux pas les inviter en retour. Quand ils m’en parlent, je change de sujet. J’ai peur qu’ils se moquent de moi.